Clichy-sous-Bois : le véhicule de police porte « poice »


La préfecture de police a livré une voiture sérigraphiée « poice » au lieu de « police » au commissariat de Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis.

La bourde n’a pas fait rire les 150 policiers du commissariat de Clichy-sous-Bois qui gèrent aussi la sécurité de Montfermeil (Seine-Saint-Denis). En manque chronique de matériel, ils attendaient la livraison, par le service de l’achat, des équipements et de la logistique de la sécurité intérieure (Saelsi) de la préfecture de police, d’une voiture supplémentaire. « Parfois, souvent la nuit, on tourne à un ou deux véhicules pour une circonscription de 60 000 habitants recensés officiellement », déplore un fonctionnaire.

Lorsque le Berlingo Citroën est arrivé il y a quelques jours en provenance du garage central de la préfecture de police, situé dans le 19e arrondissement, les gardiens de la paix ont d’abord cru à une blague. Le flocage « police » sur les portes latérales indique « poice », la lettre « l » ayant disparu. Question poisse, à Clichy, on est servi : « Le commissariat a été inauguré en 2012 par Claude Guéant alors ministre de l’Intérieur. Depuis, il prend l’eau de toute part : des fuites, des vitres fendues, une faille de 10 cm de haut en bas de l’immeuble, un éboulement peut être possible… Sans compter les vibrations quotidiennes, répercussions des travaux de construction et des aménagements pour la création du Grand Paris », constate, amer, Marc Tran, le dynamique délégué du syndicat Unsa-police pour la Seine-Saint-Denis.

Retour à l’envoyeur

Le Point a même eu vent de courriers envoyés il y a deux semaines et signés de la hiérarchie locale à sa tutelle de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) pour se couvrir en cas d’incident grave lié à l’usure du bâti, « mettant en péril la sécurité des fonctionnaires ».

« En dépit des discours rassurants, la police en Seine-Saint-Denis est sinistrée : compte tenu des agressions récurrentes et de notre insécurité permanente, on a toujours moins de matériels de protection et d’intervention qu’ailleurs : 8 600 grenades de désencerclement sont défectueuses, l’extincteur lacrymogène est tout autant inopérant, les gilets pare-balles individuels sont obsolètes malgré les rapports en haut-lieu, ils ne sont toujours pas changés. Le budget de fonctionnement courant a été divisé par deux depuis 2013 », poursuite le syndicaliste.

« Il n’y a pas véritablement de baisse du budget. L’argent est redistribué grâce aux transferts de compétence », rétorque-t-on à la PP.

En attendant, le véhicule sérigraphié a été renvoyé pour corriger le flocage. « Ce n’est pas qu’une question d’orthographe, c’est carrément la porte latérale qu’il faut changer. »

Vu sur  Le Point