Vidéo : Une asso fait chanter des seins pour une bonne cause…


L’association argentine Macma a diffusé une campagne de sensibilisation sur le cancer du sein. Intitulée « Tout le monde aime les seins », elle offre une parade originale et insolite contre la censure sur internet.

chanter des seins

Toutes les vidéos de prévention sont bonne à prendre, qui plus est lorsqu’elles traitent un problème de santé majeur comme le cancer du sein, en cause dans plus de 500 000 décès par an selon l’OMS. Si parfois le concept se veut formulé sur un ton pragmatique et grave, d’autres campagnes affichent une originalité et un humour bienvenus. C’est le cas du coup signé par l’association argentine Movimiento Ayudar Cancer de Mama (Macma). Son clip de sensibilisation, diffusé sur la toile en début de semaine, montre une demoiselle vêtue d’une blouse blanche, frappée des deux logos Facebook et Instagram. Lorsque celle-ci la retire pour dévoiler sa poitrine, l’allégorie est assez claire. Elle est en outre renforcée par le message écrit et prononcé en voix-off : « Les réseaux sociaux continuent de bannir les tétons de leur plateforme même lorsqu’il s’agit de campagnes contre le cancer du sein. Il est temps de parler plus fort que la censure ».

Pendant deux minutes, s’enchaînent alors les plans d’un drôle de spectacle. Les bustes de femmes, d’origines et d’âge différents, se dévoilent en cadence rythmée. Certaines ont une poitrine volumineuse, d’autres plus petites ou moins rebondie. Peu importe, le panel des victimes potentielles est large. Il s’agit de s’adresser à toutes, mais loin du simple et sempiternel avertissement au dépistage. Cette fois, les tétons sont dissimulés par d’étonnantes bouches, dont les lèvres bougent frénétiquement pour représenter une sorte de comédie musicale assez bien sentie. Cette campagne intitulée « Everybody Loves Boobs » (« Tout le monde aime les seins ») montre la réalité en même temps que la beauté féminine dans toute sa diversité, sans utiliser de cache-aréoles censés préserver le soupçon de pudeur qu’imposent des autorités bien souvent trop puritaines. Avec cette parade édulcorée, les principaux réseaux sociaux n’ont rien eu à y redire cette fois. Le tour est joué.

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Pourtant, avant que l’idée des « tétons-bouches » n’émerge, il était bien délicat pour quiconque d’exposer sa nudité sur la toile sans se faire taper sur les doigts. C’est pourquoi, même les reines absolues du genre comme Kim Kardashian ou Emily Ratajkowski, si promptes à poser sur Instagram en tenue d’Eve, ne coupent pas à la règle du petit cache ou du profil salvateur pour ne pas voir leurs publications aussitôt supprimées par la police du web. Plus inquiétant, en mars dernier une petite polémique avait surgi après la publication par la tatoueuse britannique Amber Thorpe de photos sur lesquelles on voyait exposé son travail. Il consistait à dessiner un mamelon et colorer l’aréole sur la poitrine d’anciennes patientes ayant subi une reconstruction mammaire. Un art très peu au goût du premier site social mondial. Les juges au service de Mark Zuckerberg avaient fait supprimer les clichés, déclenchant l’ire de son auteure et de nombreux internautes. Acculé, Facebook avait fini par réintégrer les photos en question et s’était même excusé. Pouvoir aux seins !